Badineries

20 février 2018

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30 janvier 2018

... au bout de quelques minutes, heure, je ne sais, je retrouve notre voiture. Mon coeur explose. Je l'ouvre et me couvre chaudement. Le brouillard est dissipé à présent. Je ne me souviens pas de l'heure à laquelle je l'ai retrouvée. Je ne sais même pas si cette information avait alors beaucoup d'importance pour moi. Ce que je cherche c'est mon portable mais la batterie s'est déchargée. Je mets le contact et tente de me rechauffer. Ca ne fonctionne pas bien. Après m'être dit qu'il me serait trop dangereux de reprendre la voiture de nuit sur un chemin si pentu, accidenté, au bord du vide à certains endroits, je me décide finalement à reprendre la route. Pour trouver quelqu'un et partir à la recherche de mon compagnon de route.

Avant de partir, je dépose par terre, à l'endroit où stationne le véhicule, un manteau, de l'eau et un reste de paquet de gâteaux. Et un petit mot rassurant. Dans le cas où mon ami passe par là, on ne sait jamais.

Je suis une très bonne conductrice. Mais pas sur ce terrain parsemé de cailloux. Je me sens crispée. A quelques metres devant moi, un virage, au bord duquel le vide... Je démarre la voiture et évidement, la fatigue, le stress et la panique me font faire la pire de chose. La pente est forte. La voiture commence à avancer et naturellement elle dérape sur les cailloux. Et évidement je perds le contrôle et malheureusement, je freine. Et la voiture dérape de plus belle. Panique. Je vois le virage se rapprocher et par je ne sais quel miracle elle se tourne sur le côté et s'arrête. Juste au bord du vide. Je n'ai plus de jambe, je sors à toute vitesse et je pleure de peur.

 

 

 

 

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26 janvier 2018

Aventures

Islande. Aout 2009.

Au milieu de notre tour d'Islande, avec notre petite voiture citadine, nous parcourons l'est de l'île et ses fiord. Au milieu de l'après-midi, nous trouvons un point de vue beau à couper le souffle, avec des petits lacs, des rochers et au dessous de nos pieds, le fiord. Pour parvenir à cet endroit, desert de toute habitation et complétement sauvage (euphémisme quand on évoque ce pays), nous avions descendu un chemin de terre avec notre petite voiture. Un chemin un peu cabossé et assez pentu. Nous avons descendu longtemps pour atteindre cet endroit superbe. Nous decidons de nous arrêter car le chemin devient dangereux et si nous voulons le remonter, il vaut mieux nous assurer que cela soit encore praticable.

On marche, s'éloignant peu de la voiture mais suffisament pour ne plus la voir. Le paysage est grandiose. Il fait encore bon, nous laissons nos polaires dans le véhicule. La beauté du site nous plonge naturellement dans une contemplation silencieuse et solitaire. L'endroit sauvage le rend à quelques endroits dangeureux, mais nous n'hésitons pas à grimper pour atteindre des endroits enneigés. Je commence à avoir froid, je laisse mon compagnon de route et redescend pour rejoindre le chemin. Lui préfère rester sur cette hauteur. Il est bien. Arrivé en bas, il me reste encore un peu de marche pour atteindre la voiture et récupérer ma polaire. Je suis bien.

Quelques minutes plus tard, une légère brume remonte du fiord, le froid me saisit davantage. Et en quelques secondes à peine, c'est un brouillard épais qui enveloppe tout autour de moi. Je ne vois plus rien. Rien du tout. Le chemin a disparu et je ne vois pas au delà de mes pieds. Le froid pique. Je me dis que le brouillard va se lever, je tente quelques pas, mais bien vite je m'arrête car je ne vois rien et je sais que les abords du chemin sont par endroits dangereux. J'appelle mon ami. Ma voix ne porte pas il me semble, etouffé par le mur de nuage dans lequel je me trouve perdue. Je crie encore plus fort. Aucune réponse. Je suis seule, dans un silence si profond qu'il me donne presque le vertige. J'ai perdu tous mes repères au point que je ne sais plus quelle direction prendre. Je ne vois plus le chemin, je suis dans mon nuage, je suis perdue. Je ne pleux plus avancer. J'ai peur de prendre une mauvaise direction et de m'enfoncer plus. Je ne perçois plus le dénivelé, la notion du temps s'est envolée, j'ai froid. Je continue à crier le nom de mon ami, pas de réponse. Beaucoup de temps a du passer car je sens que la lumière du jour s'amenuise. Et Très vite, la nuit tombe.

Comment va mon ami? Pourquoi ne répond il pas, je ne me suis pas éloignée tant que ça de lui. En me souvenant des hauteurs à laquelle nous nous étions hissés, je me souviens aussi des trous et des petites creuvasses parsemés autour de nous.

Dans un état second de survie physique et morale, j'ai cessé de l'appelé. Je commence à prendre conscience que peut être mon ami s'est blessé, est insconscient quelque part, ou pire encore. Dans cet état second, je prends conscience calmement du bourbier dans lequel je me trouve. Je ne panique pas, je respire calmement et je me parle à haute voix. Je ne sais plus ce que je me raconte mais j'entends encore le son et le ton si particulier qui sort de ma bouche. Je ne le reconnais pas. Je suis une autre en cet instant. Je suis perdue, seule, dans cet endroit désert de l'est de l'Islande, et je me fais petit à petit à l'idée que mon ami est probablement inconscient quelque part et qu'il ne survivra pas au froid glaçant que cette nuit annonce. Je sanglote. Car je sais au fond de moi que je risque également de ne pas survivre à cette nuit. Mais je ne panique pas. Je me mets à remercier la vie, à parler à mes parents, à les prier de m'excuser pour la douleur qu'ils ressentiront de me savoir disparue. Mon état de conscience n'est plus le même. C'est donc de cette sensation là que l'on ressent quand on sait que la fin est proche? Je ne sens plus mes pieds, mes doigts, je suis transie de froid.

 Le brouillard a finit par se dissiper. La nuit est là. Depuis quelques temps, minutes? heures? j'avance en traînant les pieds par peur de tomber dans le vide. Je me félicite, je suis fière de moi, je ne pensais pas avoir tant de tenacité et de sang froid dans pareilles circonstances...

 

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23 janvier 2018

Elles

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09 janvier 2018

L'année du mouvement

L'Élégant et moi sommes en pleine réflexion concernant l'endroit où nous souhaitons nous installer l'an prochain. Le projet est en effet de se trouver une maison à acheter. Et nous sommes dépité par les prix affolants qu'un tel projet suppose dans notre ville et ses proches alentours... Avec notre budget pourtant confortable, c'est affolant. Si non n'étions pas tenus par le travail, il y a longtemps que nous aurions bougé dans une autre ville bretonne ou dans le pays basque. Ce qui est désolant, c'est qu'on n'est pas plus attaché que cela à notre ville actuelle. Trop grande, trop de monde, trop loin de la mer. Certes, culturelle ment c'est vivant mais on n'en profite rarement. Nous, on se plairait mieux dans une ville à taille plus humaine, avec la mer pas loin, on se suffirait du suffisant en culture, on se suffirait d'un petit marché sympa, on n'est pas de vrais urbains... 

C'eSt sans snobisme de notre part, mais vivre dans un lotissement dans une ville dortoir de banlieue on veut pas, vivre dans cette campagne environnante pas terrible non plus, et pour avoir une belle maison de ville ici, bah faut gagner au loto.. 

Chaque fois qu'on parle du genre de maison qui nous plairait, c'est la maison de famille de l'Elegant qui nous vient à l'esprit. Une  maison de ville de maître, un jardin dans lequel on s'imagine à la campagne, un petit centre ville pas des plus vivants mais avec tout accès à pied de cette maison, avec un chouette marché le samedi, la mer et la côte magnifique à 10 mn en voiture. Une scene nationale avec des spectacles variés dont on est sur de pouvoir profiter...puis on oublie... Une telle maison dans notre ville actuelle est inaccessible, la bas on pourrait... puis on oublie...

Et il y a 1 semaine, en parlant de cela avec le père de l'Elegant qui n'habite plus cette maison et qui compte la vendre, il nous lance : et si vous achetiez cette maison? Là on a eu les yeux pétillants!  Mais l'Elegant et son travail ?  Il reste 2 nuit la bas et une journée de télétravail ! Ah .... réfléchissons alors....

Depuis, on y pense tout le temps... On  pourrait y passer une année pour essayer. Après,  soit on l'achète soit on revient à notre ancien bercail....

On y pense...

Pour les filles ce serait top. Une grande maison de famille, un joli jardin, école,  collège,  lycée à pied. La mer et sesactivités. L'Elegant y a vécu et je l'ai toujours entendu dire qu'il s'y était beaucoup plus. Et je sais que son rêve est d'y retourner. Quand il est là bas, il est bien....

On y pense....

Se sera pour septembre prochain ou rien...

On y pense

 

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19 décembre 2017

Premiers mots et retour en formation ?

Si je pouvais parfois me demander si ma décision de prendre un congé était une bonne idée, Badinenette et Badinette me montrent chaque jour que oui, c'était une bonne idée...

Badinenette jusque là silencieuse se met à dire des mots depuis 1 semaine. Et c'est extraordinaire. Quand le mouvement, la marche, le langage se met en place naturellement et sans retard, c'est déjà terriblement émouvant. Mais lorsque tout cela arrive chez une enfant qui prend son temps, c'est encore plus précieux !

Doudou, dodo, titine, papa (maman était son seul mot déjà acquis depuis quelques semaines), pipi, caca (les fondamentaux hein !), cocore (encore), owa (au revoir), pow (pomme), et awowwww (qui est le prénom extrêmement déformé voire méconnaissable de sa soeur mais ce mot désigne bien son prénom en écoutant bien, c'est Badinette qui elle même l'a reconnu donc ! )

Sa marche s'assure de plus en plus, on n'a plus comme avant l'impression qu'elle va tomber au bout de 4,5 pas... Ca avance, ça avance...

Badinette commence à se sortir de sa période d'opposition/colère systématique. Ce matin avec son papa on a halluciné lorsqu'au moment délicat du départ à l'école, à ma demande "il est l'heure de s'habiller, il est temps de poser tes crayons et ton coloriage! " elle nous a répondu " oui d'accord!" en s'habillant seule , à la place de l'habituel " nonnnnnnn, je ne veux pas m'habiller,, laisse moiiiiiiiiiiii!!!!!!".

Autre étonnante nouvelle, la directrice du master m'a contacté pour me dissuader de quitter la formation, elle ne prend pas encore en compte ma lettre de démission. Bien consciente  de mon congé pris, elle rallonge mes délais de 6 mois pour rendre mon travail en juin et me propose de décaller mon stage, mémoire etc à l'an prochain sur 2 jours par semaine sur l'année et tout cela en s'engageant à toute discrétion par rapport à mon employeur... "Vous êtes faite pour ce métier, nous le savons bien. Il faut que nous trouvions une solution." Sachant que le redoublement n'est pas autorisé, j'ai été extrêmement touchée par sa bienveillance. Cela ne change pas le fait qu'il me fallait prendre ce congé vis à vis de mon employeur, mais si j'accepte sa proposition, je peux rester dispo pour les filles et passer mon diplôme. Est-ce la directrice de master qui parle ou la femme de mon âge qui souhaite rendre possible à une autre femme de son âge avec famille à charge de déminer le terrain et atténuer le dilemme de maman qui doivent choisir entre famille et carrière?

 

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04 décembre 2017

Nouveau souffle

Voilà, ma demande de congé parental sans rémunération a été acceptée. Si je le souhaite pendant 3 ans. Je réintegrerai mon poste à l'issu de ce congé. Entre temps, je ferai valider mon master avec une VAE (Validation acquis expérience), mon dossier avait été jugé recevable en mai, avant que je ne prenne la mauvaise décision de juger plus "enrichissante" la perpective de retourner sur les bancs de la fac... Allons allons, ne pas retourner le couteau dans la plaie. Tout est bien qui finit bien... Nous avons cette chance materielle depuis 1 an de pouvoir vivre sans mon salaire. Nous saisissons cette chance pour le bien de tous. Nous respirons. Moi je suis détendue. La perspective de demissionner m'avait fait frôler la depression car vraiment il ne s'agissait pas d'une démission, du sacrifice de ma vie professionnelle et de l'abnégation d'une mère et d'une compagne pour le bien de mes enfants et de mon homme. Non, il s'agissait d'une vie qui n'était plus acceptable pour notre famille. Me dire que je suis en congé sans solde pour élever mes enfants, c'est la vraie raison de cette pause professionnelle. Je ne le vis aucunement comme un sacrifice car de toute façon, nous n'avions pas le choix.

Badineuse va bien, on a retrouvé notre grande fille enjouée et enthousiaste. Quand j'y pense, c'était l'enfer. Des crises de colère pour tout, de l'agressivité... La pauvre bichette, j'ai si souvent perdu patience en lui criant dessus... Nous ne la reconnaissions pas. Elle a tiré la sonnette d'alarme. J'étais à 2 doigts de consulter un psy pour son opposition agressive permanente. Tout est rentré dans l'ordre. Alors certains penserons peut être que c'est les enfants qui mène les parents à la baguette, et bien on va dire que dans ce cas précis, oui ce sont mes enfants qui priment. Nous avons retrouvé la douceur de vivre d'avant. Et pouvoir les conduire à l'école dans le calme, les chercher à 16h15 tous les jours, prendre le temps d'être vraiment avec elles, leur preparer de vrais repas, être suffisament détendue pour réagir au mieux à leur "petites folie d'enfants épuisantes", c'est à dire sans crier, menacer, faire du chantage, ça change tout. L'Elégant lui aussi est détendu et moi et bien je suis heureuse de cette petite parenthèse. Je sens combien j'aspirai à cela. Envie de prendre le temps et de bichonner cette petite famille. Si je reprends le travail dans 3 ans, elles auront 5 ans et demi et 7 ans et demi. Peut être reprendrai je avant mais quitte à prendre ce congé, autant le prendre jusqu'au bout je pense.

Alors oui, je vais aussi prendre soin de moi. Et de mon couple.

Je mesure la chance qu'une telle décision puisse être prise sans dommage. Je ressens un nouveau souffle.

 

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07 novembre 2017

Cheminement

Je ne vais pas bien. Et ma petite famille, en ricochet, ne se porte pas bien non plus. Je suis au bord du précipice. J'ai tiré la sonnette d'alarme quand j'ai pris conscience que je ne supportais plus ma grande fille au point de la tirer violemment par le bras pour m'empêcher de la frapper. Badinette est insupportable. C'est un  constat. On ne la reconnaît plus. Elle est agressive, violente, s'oppose à tout et ne respire plus du tout la joie de vivre. On la sent perdue. Badinenette ne parle toujours pas, ce n'est pas de la fainéantise, elle ne parvient pas à oraliser, et les 2 3 mots qu'elle parvient à dire sont malgré tout très difficile à prononcer pour elle. Sa marche est bancale, elle tombe beaucoup et ne parvient pas à courir sans trébucher. On s'en rend bien compte mais pas le temps d'engager une réflexion, pas le temps de s'en occuper. Badinette est insupportable car elle cherche désespérément un e vraie attention et présence de ses parents, et elle se heurte à notre impatience et notre "on a pas le temps"  Badinenette a un petit soucis de développement et aurait bien besoin d'un climat serein pour avancer comme il faut à son rythme. L'Elegant et moi n'avons plus du tout de vie de couple, et nous sommes agressifs l'un envers l'autre, nous disant des choses très dures et devant les enfants. Le cercle vicieux est bien là et si nous continuons ainsi... Je crains le pire. 

On n'en est pas arrivé là du jour au lendemain.  Et je sais que nous pouvons encore faire machine arrière. Mais il y a un choix à faire. Je n'ai plus besoin de travailler. L'Elegant gagne très suffisamment sa vie pour nous. Et moi, je fais une formation, contrainte, pour un métier qu'au fond je sais ne plus vouloir exercer. Pourquoi ne pas faire une pause et m'occuper comme il faut de cette famille qui en a tant besoin. Le temps que les petits grandissent , pour que l'Elegant se consacre sereinement à sa vie professionnelle et ainsi soit vraiment détendu et heureux de rentrer dans une maison sereine elle aussi. Nous en sommes à 1 paquet de clopes par jour chacun, nous en sommes à nous plaindre tout le temps de notre vie, à n'être pas les parents que nous souhaitons être. A vivre dans un climat étouffant ou personne ne trouve son compte. Depuis 5 ans, on vit sur nos réserves , on se prend des coups de la vie douloureux et on continue malgré tout à serrer les dents coûte que coûte. Et on va droit dans le mur. On a aucune aide, aucun soutien dans notre vie de parents, on ne peut pas être à fond tous les'deux,  stressés et pressés. C'est pas une vie. Lui aime son travail mais stresse de me savoir si épuisée dans ma vie à 1000 facettes de maman au boulot qui gère tout et mal alors que franchement, je pourrais m'arrêter de travailler quelques années et enfin m'occuper de moi et d'eux. Et prendre "ma parole" et faire de vrais choix pour ma vie et pas seulement ceux contraints par les autres. C'est un luxe. La grossesse de Badinenette à été gâchée par un epuisement de ma part et je n'ai pas su m'arrêter à temps. Résultat : grossesse pathologique, retard de croissance intra  uterin,  bébé en souffrance, accouchement traumatique et petite Badinenette qui naturellement se sort de ce début de vie avec un développement compliqué. 

On est malheureux car on ne s'est pas écouté, on a pas entendu les sonnettes d'alarme, et on s'est laissé porté, sans réfléchir. L'Elegant à besoin de moi, les filles aussi, et moi j'ai besoin  de reprendre le contrôle de ma vie et surtout d'être là on je crois devoir être à présent,  maintenant, auprès d'eux, pour de vrai, pas à moitié,  pas comme l'ombre de moi même... 

Une pause. Panser les blessures. Avoir un vrai projet de vie et de famille. 

 

 

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01 novembre 2017

pensée pour ceux

qui ne sont plus là et qui me manquent tellement. J'en parlais là http://badin.canalblog.com/archives/2011/04/18/20921147.html et là http://badin.canalblog.com/archives/2010/05/23/17981584.html

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29 octobre 2017

limites

Je suis à bout de souffle. Nous sommes à bout de souffle. L'Elegant est devenu le "chef" de sa boîte et moi j'ai du reprendre mes études pour assurer la poursuite de ma carrière. Un master 2, à la fac, une année de ouf. Pour mes copines étudiantes de moins  de 25 ans sans enfant c'est une année de ouf, alors je vous laisse imaginer ce que va être mon année avec des cours et stages à temps plein avec mémoire professionnel, des tas de dossiers à problématiser,  100 00 lectures, une réflexion permanente, pas  de vacances et 2 filles en bas âge,  un compagnon surchargé qui rentre tard le soir, la maison à faire tourner. Ça fait 2 mois que j'ai commencé et c'est déjà le drame. J'étais déjà épuisée mais là je suis limite au bord de la dépression. L'Elegant et moi on s'engueule tout le temps, Badinette nous fait une crise d'ado et me fait bien payer mon manque de 'temps' et Badinenette suit le rythme de fou et j'ai les larmes aux yeux rien qu'en pensant à quel point elle a besoin de moi.

Jl'impression qu'on va droit dans le mur,  que notre couple va droit dans le mur. On ne se comprend plus à force de n'avoir plus le temps d'être ensemble et juste se parler. Et puis il a beau être un homme comme on en fait peu et bien force est de constater qu'il a bien du mal à accepter que la maison et les filles ne reposent plus sur moi comme avant et que oui c'est fatigant. Je lui en veux de m'en vouloir (sans le reconnaître) de ne plus être aussi disponible qu'avant. Car oui, le week-end je bosse à la bibliothèque,  oui pendant les vacances des filles, on ne part plus ensemble mais lui et les filles seulement. Car c'est les uniques moments où je peux bosser. Quand je l'entend dire que "oui je comprends que tu doives bosser mais moi je prends sur mon temps de travail pour m'occuper des filles, c'est pas des vacances et en plus j'avance pas au boulot, mais je comprends que tu doives bosser". Entendre cela m'insupporte. Oui je loupe un repas de famille, oui c'est pas très poli mais comment je fais moi pour AVANCER dans ma vie professionnelle si on ne me donne pas ce droit sans en même temps me culpabiliser. 

C'est normal que je me sois occupée de tout jusque là,  c'est normal qu'avec son emploi du temps j'ai du prendre un temps partiel pour ralentir le rythme et être présente et bienveillante avec nos filles, faire à manger, s'assurer que tout le monde porte des fringues propres, à la bonne taille, que la maison soit propre, que je me lève la nuit pour les filles car bon heu je travaille à temps partiel et je peux me reposer le jour, que je prenne des jours de congé pour garder les filles malades ou palier aux greves de la creche et de l'ecole...

Mais c'est tout de suite compliqué quand je ne peux plus être complètement cette femme là.  Et je ne m'attendais pas à cela.... J'ai parfois envie de tout envoyer balader. Puisque c'est ainsi, j'arrête mon année d'étude et je deviens femme au foyer et tout le monde est content.

Ce n'est évidemment pas ce que veut l'Elegant mais en filigrane c'est bien le soucis qui se pose. 

Comme  c'est difficile d'être mère, compagne et une femme qui souhaite se réaliser en dehors de tout cela. J'ai beau être avec un homme merveilleux, et bien le plafond de verre il est quand même là. Une femme qui veut avancer pour elle même,  elle le fait forcément toujours au détriment d'autre chose et sous les regards cupabilisateurs. C'est tellement injuste et révoltant....

 

 

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