Je ne vais pas bien. Et ma petite famille, en ricochet, ne se porte pas bien non plus. Je suis au bord du précipice. J'ai tiré la sonnette d'alarme quand j'ai pris conscience que je ne supportais plus ma grande fille au point de la tirer violemment par le bras pour m'empêcher de la frapper. Badinette est insupportable. C'est un  constat. On ne la reconnaît plus. Elle est agressive, violente, s'oppose à tout et ne respire plus du tout la joie de vivre. On la sent perdue. Badinenette ne parle toujours pas, ce n'est pas de la fainéantise, elle ne parvient pas à oraliser, et les 2 3 mots qu'elle parvient à dire sont malgré tout très difficile à prononcer pour elle. Sa marche est bancale, elle tombe beaucoup et ne parvient pas à courir sans trébucher. On s'en rend bien compte mais pas le temps d'engager une réflexion, pas le temps de s'en occuper. Badinette est insupportable car elle cherche désespérément un e vraie attention et présence de ses parents, et elle se heurte à notre impatience et notre "on a pas le temps"  Badinenette a un petit soucis de développement et aurait bien besoin d'un climat serein pour avancer comme il faut à son rythme. L'Elegant et moi n'avons plus du tout de vie de couple, et nous sommes agressifs l'un envers l'autre, nous disant des choses très dures et devant les enfants. Le cercle vicieux est bien là et si nous continuons ainsi... Je crains le pire. 

On n'en est pas arrivé là du jour au lendemain.  Et je sais que nous pouvons encore faire machine arrière. Mais il y a un choix à faire. Je n'ai plus besoin de travailler. L'Elegant gagne très suffisamment sa vie pour nous. Et moi, je fais une formation, contrainte, pour un métier qu'au fond je sais ne plus vouloir exercer. Pourquoi ne pas faire une pause et m'occuper comme il faut de cette famille qui en a tant besoin. Le temps que les petits grandissent , pour que l'Elegant se consacre sereinement à sa vie professionnelle et ainsi soit vraiment détendu et heureux de rentrer dans une maison sereine elle aussi. Nous en sommes à 1 paquet de clopes par jour chacun, nous en sommes à nous plaindre tout le temps de notre vie, à n'être pas les parents que nous souhaitons être. A vivre dans un climat étouffant ou personne ne trouve son compte. Depuis 5 ans, on vit sur nos réserves , on se prend des coups de la vie douloureux et on continue malgré tout à serrer les dents coûte que coûte. Et on va droit dans le mur. On a aucune aide, aucun soutien dans notre vie de parents, on ne peut pas être à fond tous les'deux,  stressés et pressés. C'est pas une vie. Lui aime son travail mais stresse de me savoir si épuisée dans ma vie à 1000 facettes de maman au boulot qui gère tout et mal alors que franchement, je pourrais m'arrêter de travailler quelques années et enfin m'occuper de moi et d'eux. Et prendre "ma parole" et faire de vrais choix pour ma vie et pas seulement ceux contraints par les autres. C'est un luxe. La grossesse de Badinenette à été gâchée par un epuisement de ma part et je n'ai pas su m'arrêter à temps. Résultat : grossesse pathologique, retard de croissance intra  uterin,  bébé en souffrance, accouchement traumatique et petite Badinenette qui naturellement se sort de ce début de vie avec un développement compliqué. 

On est malheureux car on ne s'est pas écouté, on a pas entendu les sonnettes d'alarme, et on s'est laissé porté, sans réfléchir. L'Elegant à besoin de moi, les filles aussi, et moi j'ai besoin  de reprendre le contrôle de ma vie et surtout d'être là on je crois devoir être à présent,  maintenant, auprès d'eux, pour de vrai, pas à moitié,  pas comme l'ombre de moi même... 

Une pause. Panser les blessures. Avoir un vrai projet de vie et de famille. 

 

 

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